[Histoires de Meeples #30] This War Of Mine (3/3)

Cigarettes

Lorsque j’aperçois les contours du refuge, mon cœur s’arrête presque de battre. De la fumée ! De la fumée s’échappe par une des fenêtres du premier étage. Je cours à perdre haleine. Je parcours la centaine de mètres qui me sépare du lieu du drame à une telle vitesse, que j’ai l’impression de chausser des bottes de sept lieux. Je retrouve Anton et Katia, totalement anéantis, au rez-de-chaussée du bâtiment. Katia m’explique avec des trémolos dans la voix qu’elle s’est éveillée au milieu de la nuit, et qu’elle a tenté d’allumer une cigarette dans son lit. Elle s’est rendormie, et la cigarette lui a glissé des lèvres, provoquant un départ de feu qui a ravagé notre chambre à coucher.

Quelle malchance ! Quelle inconscience ! Je reste hébété durant plusieurs minutes, incapable de réagir. J’ai envie de hurler, de m’arracher les yeux pour ne pas avoir à contempler la mine contrite et impuissante de mes camarades. Comment peut-on être aussi stupide ? Bon sang ! Tout cela pour une satanée cigarette.

Deux jours de labeur réduits à néant. Notre matelas, maigre confort, mais qui nous permettait de dissiper la fatigue qui nous accablait, parti en fumée. Les dernières bribes d’espoir et de détermination qui maintenaient ma motivation intacte menacent de se déliter. J’ai beau penser à ma femme et à ma fille, imaginer avec la plus sincère des ardeurs que je dois encore résister si je veux les retrouver, toute cette misère commence à être de trop. Je ne suis pas capable de porter à moi tous seul cette colonie maudite. J’ai beau tout mettre en oeuvre lors de mes expéditions nocturnes pour nous ramener de quoi voir un nouveau soleil se lever, nous sommes frappés par des coups du sort si handicapants, que j’ai l’impression que je patauge en vain dans des sables mouvants dans lesquels chaque journée est un embourbement plus profond.

Je passe la journée à réparer notre lit calciné, buvant au goulot la totalité de la bouteille d’alcool pur qui se trouvait dans nos réserves. Je ne demande même pas l’avis d’Anton et de Katia. De toute façon, ils ne me sont plus d’aucune utilité. Je n’aime pas cela, mais je sais que ma compassion vient d’être fracturée par l’incendie de la nuit passée. J’ai perdu confiance en Katia. La faiblesse d’Anton ne m’inspire plus que du dégoût. J’espère qu’il s’agit d’un ressentiment passager, qui va s’estomper lorsque j’aurais pris du recul, mais je crains que ce ne soit pas le cas.

Je n’ose même pas croiser le regard de mes acolytes. Katia s’est mue dans un silence complet. L’effort de la nuit lui a beaucoup coûté. Il a rouvert ses plaies qui commençaient à cicatriser lentement. Quant à Anton, chacune de ses quintes de toux est une crispation qui me donne des envies de violence. Heureusement, l’ébriété m’enferme dans un cocon et empêche les fils de ma santé mentale de griller définitivement.

Le crépuscule me fait descendre au rez-de-chaussée. Sans chauffage actif, le refuge s’est transformé en chambre froide. Les effets de l’alcool se sont estompés. Je tremble comme une feuille. Je trouve Katia et Anton allongés sur le sol, près de l’échelle qui mène à la cave. Je me fais violence et je les secoue du pied pour les tirer de leur torpeur et les inviter à venir prendre le repas, un reste de légumes, froid et sans saveur. Mais alors que Katia ouvre des yeux injectés de sang et gonflés par le chagrin, la masse d’Anton reste parfaitement rigide. Mon pouls s’accélère. Je m’agenouille à sa hauteur. Il est glacial. Je tente de la tourner sur le dos, mais la rigidité cadavérique a déjà fait son office.

Je m’écroule en arrière. Si j’avais eu à parier sur le premier mort de notre trio, je n’aurais pas misé sur lui. Pas après que Katia ait été blessée par balle. Je fais un signe de croix, plus par formatage que par réelle croyance. Je crois que Dieu nous a abandonné depuis longtemps déjà.

Je suis trop éreinté pour ressentir la moindre émotion s’apparentant à de la tristesse. Je suis seulement las. Je me demande si la destinée du professeur de mathématiques aurait été différente s’il n’avait pas croisé notre chemin. Aurait-il été capable de fournir en eau la bande de jeunes voyous ? Aurait-il succombé au froid de l’hiver, lui qui n’avait pas de poêle, et pas les capacités manuelles pour en construire ? Cette pensée m’arrache un sourire désabusé. À quoi sert un poêle si nous n’avons pas de bois pour l’alimenter ? Je crois que c’est encore pire. C’est comme si nous étions des mendiants affamés en train d’observer la vitrine remplie de victuailles d’un épicier. Nous pouvons voir le remède à nos maux, mais nous ne pouvons pas en jouir. C’est une ironie terrible.

Je tente de faire bonne figure à la nuit tombée, mais je n’y parviens pas. Une fatigue aussi bien physique que psychologique m’assomme littéralement. Sans même me préoccuper de ma camarade blessée, je me hisse tant bien que mal à l’échelle qui mène au premier étage. Je m’écroule sur le lit que je me suis échiné à rafistoler toute la journée durant.

Le froid réveille mes membres engourdis lorsque les premiers rayons de l’aube percent la façade en ruines de notre refuge. Le calme est pesant. La toux d’Anton ne retentit pas à travers la maisonnée. Cela me ramène à la triste réalité. Nous ne sommes plus que deux désormais.

Katia est restée debout toute la nuit. Je la retrouve allongée devant la porte d’entrée ouverte. Le manche de notre couteau est sur le sol. Il touche encore le bout de ses doigts. Je vérifie nos réserves pour constater que tout notre stock de cigarettes a été dérobé pendant la nuit. J’imagine la jeune journaliste piocher dans ses ultimes réserves pour repousser les assauts d’un groupe de pillards et, aussitôt, cela me fait culpabiliser. La disparition des cigarettes ne me chagrine pas plus que cela, surtout pas après qu’elles aient été la cause principale de l’incendie qui a détruit tout ce que nous avions construit depuis presque une semaine. Je me demande seulement si protéger le peu de ressources qu’il nous reste vaut le coup. L’idée que continuer à vivre dans ces conditions pitoyables est vain me traverse furtivement l’esprit.

Bruno

La matinée commence sous les pires auspices. Katia ne se réveille pas. Lorsque je prends son pouls, je me rends compte qu’il est lent et faible. Il semble qu’elle ait épuisé ses dernières forces dans son tour de garde forcé de la nuit dernière. Alors que sa blessure se résorbe enfin, c’est la maladie qui prend le relais et qui tente de la faire basculer vers la tombe.

Nous n’avons pas pris le temps d’inhumer le corps d’Anton. Il gît toujours dans l’arrière-maison. Je crois que je ne résisterai pas à un autre décès sous ce toit. J’ai été exposé à la mort à de nombreuses reprises durant le conflit, mais je ne m’y suis jamais vraiment habitué. Qui le pourrait ? Hier, j’étais encore à moitié ivre lorsque j’ai constaté le trépas d’Anton. Je crois que j’ai tenté de nier sa disparition, ou que j’ai été trop fatigué pour la conscientiser. Mais aujourd’hui, c’est différent. Je me retrouve seul, à la merci des idées noires, de la folie qui va avec.

J’ai eu l’impression de tout donner pour que nous sortions vivants de ce cauchemar, mais le destin n’a pas l’air d’être de mon côté, lui qui avait été plutôt clément envers moi depuis le début du conflit. J’avais perdu la trace de ma femme et de ma fille, mais je m’étais vite intégrer au sein d’une communauté organisée qui m’avait protégé, maintenu dans une bulle. Les mésaventures que j’ai traversées en une semaine de temps m’ont permis de comprendre à quel point j’avais été privilégié. Nous avions tout pour faire de ce refuge un petit coin de paradis : la motivation, la foi, les bras et les idées. Les coups de boutoir du destin nous ont fait chanceler. J’ai la cruelle sensation que je ne verrais pas la fin de cette guerre.

Un peu avant midi, un événement inattendu survient. Quelqu’un frappe à la porte. Lorsque j’ouvre, je constate qu’il ne s’agit pas du voisin qui nous a déjà rendu visite à plusieurs reprises. L’étranger qui me fait face est un quarantenaire à lunettes, à la barbe noire broussailleuse, qui porte une doudoune sans manche trouée, et un jean sale. Il est blessé à la jambe droite. Il tient à la main un pistolet visiblement chargé. Il ne manquait plus qu’un nouveau blessé pour sonner le glas de notre colonie en décrépitude.

L’homme m’implore de l’héberger. D’abord, je refuse. Je sais pertinemment qu’il est capable de forcer l’entrée. Il a un revolver, et je suis désarmé, mais il n’a pas l’air d’être un individu violent. Il préfère négocier en m’expliquant qu’il est pourchassé par des rebelles qui ont pillé son habitation la nuit passée. Ses compagnons se sont faits assassiner sous ses yeux. Il a été le seul assez prompt pour échapper au drame. J’ai beau compatir, je n’infléchis pas ma décision. Je lui propose de lui donner les quelques munitions inutiles que nous avons amassé et que nous ne pouvons pas utiliser, tentant de lui faire comprendre poliment qu’il peut aller au diable.

Le bougre est désespéré, cela se voit. Un filet de sang coule sur les flancs de ses chaussures. Il a besoin de soins que je suis incapable de lui administrer. Il insiste en me disant que les rebelles ont attaqué car les forces internationales arrivent. Elles auraient déjà libéré la capitale et progresseraient vers l’est du pays à grande vitesse. À la radio, il aurait entendu que la libération de Pogoren serait bouclée demain dans la journée.

Je n’ai tellement plus l’habitude d’entendre des bonnes nouvelles que ma première réaction est le déni. Mais Bruno, qui me donne son nom afin de créer de la proximité et d’achever de m’amadouer, a l’air si sûr de ses sources, qu’une graine d’espoir se met doucement à germer dans mon cœur rabougri. Je demande plusieurs fois à mon interlocuteur de verbaliser la nouvelle. J’ai l’impression que mon cerveau ne veut pas l’assimiler, comme si j’avais peur d’être déçu, trahi.

Que risque-je à croire cet inconnu ? Une désillusion ? Sera-t-elle pire à encaisser que l’agonie de Katia ? Pire que la mort d’Anton ? Pire que l’incendie qui a ravagé le refuge ? Pire que les bombardements qui ont anéanti mon précèdent foyer ? Pire que les inepties d’un conflit armé qui a secoué le pays tout entier et l’a plongé dans le chaos et la ruine ?
La raison me rattrape bientôt et j’autorise Bruno à me rejoindre. Je me persuade qu’il a raison. Je me raccroche à cette bouée de sauvetage inespérée qui vient de me sauver du naufrage. Elle me galvanise et je n’ai plus qu’un seul objectif en tête : éviter d’avoir à subir le deuil d’une seconde personne, sauver Katia et la confier aux soins des soldats de la coalition, qu’elle soit guérie et extradée au plus vite. Anton n’aura pas été sacrifié pour rien.

La journée passe à toute vitesse. Bruno et moi faisons tout notre possible pour amasser du bois et alimenter le poêle pour qu’il nous sauvegarde de la morsure du gel. Au crépuscule, nous avons fait de notre mieux, mais je crains que cela ne soit pas suffisant pour éloigner la rudesse de l’hiver.

Bruno montera la garde. Il ne peut pas sortir avec ses blessures, mais il aura un allié de poudre et d’acier pour l’épauler et pour repousser les gêneurs. Nous avons des munitions. Il me dit qu’il n’hésitera pas à faire feu. Il a perdu des êtres chers lui aussi.

J’ai l’impression que la rage qui m’anime est contagieuse. Je sais que Bruno fera tout son possible pour protéger Katia. Il n’a pas rechigné lorsque nous avons sacrifié notre dernière ration d’eau et de nourriture pour la jeune femme. Nous lui avons concocté une espèce de bouillie immonde et nous l’avons faite manger comme un bébé. Puis, nous l’avons amené jusqu’à notre couche. Elle s’est endormie paisiblement.

Armé de notre couteau, j’entame ce qui, je l’espère, sera mon ultime croisade. Bruno m’a confié qu’il connaissait l’emplacement d’une villa en ruines, qui avait longtemps servi de repaire à un groupe de survivants, et qui avait été désertée depuis peu. Il a gagé qu’elle contenait encore beaucoup de ressources et il m’a incité à m’y rendre. Je n’ai qu’une chose en tête : trouver un médicament qui permettra de stabiliser l’état de santé désastreux de Katia.

La villa se trouve dans un quartier cossu, au nord-est. Je croise tellement de milices et de patrouilles que j’ai l’impression de jouer à cache-cache avec les militaires. Mon cœur s’emballe, car je comprends que toute cette effervescence ne peut signifier qu’une chose : Bruno a dit vrai. Le cessez-le-feu sera plus rapide qu’escompté. Demain, nous serons libres.

Une balle de fusil d’assaut qui ricoche sur un lampadaire et me frôle le torse me tire de mon euphorie extatique. Alors que des coups de feu résonnent dans un immeuble désaffecté situé non loin de ma position, je me jette à terre et rampe hors de vue. Ce n’est pas le moment de manquer de vigilance. Je dois être silencieux comme une ombre si je ne veux pas me faire alpaguer par l’un ou l’autre camp.

J’entre dans la villa par une porte latérale. Je tombe dans une pièce exiguë qui a du être un vestibule pour les employés de service d’une famille aisée. Elle ne renferme rien d’exploitable. Je pousse un nouveau battant qui me fait déboucher dans une salle de séjour dévastée. Je suis les marches poussiéreuses qui mènent au sous-sol. Les ombres jouent avec mon imagination et je crois apercevoir une silhouette, mais ce ne sont que les contours d’un meuble aux courbes arrondies qui fait face à un soupirail. Alors que j’entame la fouille de l’ameublement, je dérange une colonie de rats qui couinent et crachent. Je réussis à en poignarder un, que je glisse dans ma besace. Je n’ai pas mangé depuis deux jours et si je veux calmer mon estomac, il faudra tôt ou tard que je le remplisse avec quelque chose.

Si j’avais eu Bruno à mes côtés, je crois que je l’aurais enlacé. Le sous-sol est une véritable caverne d’Ali Baba. J’y trouve du sucre, des herbes médicinales, des produits chimiques, de la nourriture, mais surtout une plaquette de médicaments. Je n’ai même pas exploré un dixième de la surface de la villa, et j’ai déjà assez de ressources pour permettre à notre communauté de se nourrir pour une journée complète. Je clanche bientôt à une porte fermée et interprète cela comme un signe qu’il est temps pour moi de rebrousser chemin et de regagner la sécurité relative de mon refuge. Je descends quelques marches et prends la fuite par les jardins luxuriants de la villa.

Horreur

L’horreur est sans fin. Elle m’attend de nouveau à l’entrée du refuge. Lorsque je m’en approche, je me rends compte immédiatement que quelque chose cloche. La porte d’entrée est grande ouverte. Dans la pénombre, je vois deux silhouettes malingres allongées sur le sol. Je m’approche, et je me rends compte qu’il s’agit de membres d’un gang de pillards, reconnaissables aux tatouages qui recouvrent leurs visages cadavériques. Ils ont trépassé par balle. Par balle…

Je lâche mon sac et cours à perdre haleine vers le refuge. J’étais prêt à beaucoup de choses, mais pas à cela…

Bruno est mort. Son pistolet, cassé à côté de lui, atteste qu’il a défendu notre enclave comme un lion, mais que les assaillants étaient bien trop nombreux. Sa doudoune et son torse ont été perforés par plusieurs coups de couteau. Son crâne a été fendu par la lame d’une hachette, mais il semble que ses bourreaux n’ont pas jugé cela suffisant. Ils ont frappé à plusieurs reprises sa boîte crânienne sur le mur. On y voit la coulure du sang séché et des lambeaux de chair y sont incrustés.

Bruno est méconnaissable. Son visage coupé en deux a été réduit en bouillie. L’un de ses yeux pend en dehors de son orbite. L’autre a été écrabouillé. Il n’a plus de nez, plus de lèvres. Son front est un immense hématome violacé. Je ne peux retenir une gerbe de bile puante, qui me laboure le système digestif. C’est l’une des scènes les plus effroyables à laquelle il m’ait été donné d’assister. Je sais qu’elle me hantera jusqu’à la fin de mes jours.

Nos réserves sont vides. Plus rien, hormis ce que j’ai ramené de ma collecte nocturne. Alors que les rayons blafards du soleil font se terrer chez eux les derniers pillards, je m’affaisse et éclate en sanglots. Les vannes de mon affliction déversent un torrent diluvien. C’est la première fois que je craque depuis le début du conflit, comme si l’on venait d’allumer la lumière et que je revivais tous les sévices subis, tous les traumatismes refoulés, toute la peine contenue en moi depuis des mois, et qui n’attendait qu’une seule occasion, un seul prétexte, pour se déverser.

Bruno avait dit vrai. Pogoren a été libéré le lendemain de son meurtre. À la surprise générale, il a suffi de quelques opérations militaires mineures pour que le gouvernement corrompu capitule, que les armées rebelles soient démantelées et le pays pacifié.

Peu de temps après, les journaux télévisés du monde entier ont montré les images des atrocités commises dans notre pays. Notre calvaire a été connu du tout-venant. Certains se sont indignés de la lenteur avec laquelle la coalition internationale avait réagi. Les autres se sont contentés de refaire surface et ont juste fait l’inventaire du peu qu’il leur restait. Ils ont tenté de tourner la page en rassemblant les morceaux de leurs vies brisées à jamais…

Katia a survécu. Elle avait risqué sa vie pour montrer ce qui s’était réellement passé au cours du conflit. Elle fut l’une des principales artisanes de la diffusion des atrocités de notre guerre dans les médias étrangers. Elle ne fut pas la seule à faire ce travail, mais elle contribua à ce que l’opinion publique internationale s’embrase et multiplie les actions humanitaires pour venir en aide aux réfugiés de guerre et à ceux qui tentèrent de reconstruire le pays dévasté.

Je n’ai jamais revu ma femme, ni ma fille. Je crois que même si je les avais retrouvées, cela n’aurait rien changé. J’ai pleuré des larmes de joie à la libération, mais je n’ai jamais pu me réadapter à la société civile d’après-guerre. Moi qui avais traversé le conflit en faisant preuve d’une force de caractère hors du commun, j’ai été traumatisé plus profondément que je l’aurais pensé par cette dernière semaine de survie et les événements tragiques qui l’ont entachée.

Je me suis renfermé sur moi-même. J’en suis devenu hargneux, haineux envers tous ces gens qui reprenaient leur existence comme s’il ne s’était rien passé, et qui reproduisaient des schémas qui existaient avant la guerre et qui avaient contribué à nous faire plonger dans l’abîme.

Si vous pensiez que ce récit aurait une fin heureuse, je me dois de vous décevoir. Je suis mort. Des suites de blessures reçues alors que j’étais ivre. J’ai agressé un homme tatoué au visage, que j’ai accusé d’être l’assassin de Bruno. C’est aussi cela la guerre. Des cicatrices qui ne se referment jamais. Des dégâts psychiques si profonds qu’ils ne vous quittent plus et vous entraînent dans une spirale faite de drogue, d’alcool et de violence.

Je suis Boris. Survivant de Pogoren. Une âme déchue. Broyée par la guerre. Victime de ses conséquences.

Publié par The Lonesome Meeple

Féru de jeux de société et d'écriture, j'ai décidé de mixer ces deux passions en vous partageant des nouvelles ou de courts récits mettant en scène des parties de jeux de société.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :