[Histoire de Meeples #62] Village Pillage

Dans le Royaume, la récolte des navets, c’est une sacrée affaire. Vous savez pourquoi ? Parce que sur le marché des reliques royales, le navet est la principale monnaie d’échange. Ne me demandez pas pourquoi. C’est comme ça depuis la nuit des temps. Ce n’est pas prêt de changer.

Cette année, j’ai seize ans. C’est l’âge de la majorité. Enfin, je peux participer aux hostilités. J’ai été recruté en tant que pillard. J’ai toujours été bagarreur et aventureux. Ce rôle me va comme un gant.

Vous vous demandez qui nous allons piller ? Mais les villages voisins, pardi ! Chaque année, d’Avril à Décembre, tout le monde se bagarre pour avoir les faveurs du Roi. Pourquoi ? Vous en avez beaucoup en stock des questions idiotes comme celle-là ? Notre but à tous, c’est de passer l’hiver au chaud entre les murs du palais. Personne ne veut se geler les miches à l’extérieur quand les températures descendent en-dessus de zéro.

Seulement voilà, l’entrée au château n’est pas gratuite. Il faut s’y présenter avec des cadeaux très particuliers. D’abord, un sceptre Radis-cal. Ensuite, un trône Chouette. Enfin, une couronne de Brassica. Chaque année, c’est le même rituel. Personne n’a jamais compris pourquoi le Roi nous impose de lui rapporter sempiternellement les mêmes colifichets. Certains disent que le château est hanté. D’autres arguent que le grand âge de notre suzerain lui a fait perdre la boule. Que ce soit l’un ou l’autre, il faut se conformer à ses requêtes. C’est ainsi.

Nos fermiers s’occupent de récolter les navets. Nos marchands écument le Royaume pour recruter des mercenaires. Ce sont aussi eux qui négocient l’achat des reliques. À une époque très lointaine, la saison des navets n’était pas aussi belliqueuse. Mais un jour, un village a pillé un autre village, qui en a pillé un autre, qui en a pillé un autre… Ça a fait boule de neige. Tout le monde s’est mis à se tirer joyeusement dans les pattes. La rancune nous a aveuglés, si bien qu’aujourd’hui, même les enfants des différents villages ne sont plus capables de se côtoyer sans se chamailler.

Les pillards pullulent dans les campagnes et frappent là où on ne les attend pas. Pour les contrer, on enrôle des remparts. Ce sont des gaillards recrutés pour leur physique imposant. Ils sont capables de repousser n’importe quel assaut. Heureusement, ils ne peuvent pas être sur tous les fronts.

La meilleure qualité d’un pillard, c’est l’anticipation. Il faut savoir éviter les guerriers adverses et déjouer les embuscades tendues par les remparts ennemis. Quand on y arrive et qu’on se retrouve face à des marchands ou à des fermiers sans défense, c’est le jackpot. Mon père m’a bercé de ses exploits quand j’étais petit. Je rêve de les réitérer.
La fin du mois de Mars se rapproche. Nous avons passé le givre, le vent et les giboulées. La nature est en train de renaître. Tandis que les premiers bourgeons éclosent timidement, nous aiguisons nos lames et nous nous préparons à la guerre. Huit mois d’escarmouches haletantes, de conseils de guerre fiévreux et d’expéditions punitives en rase campagne nous attendent. Tout cela pour un peu de chaleur. Ça peut sembler disproportionné, mais c’est le prix à payer.

Nous avons deux ennemis principaux dans le Royaume, ce depuis la nuit des temps. Il y a les Topinambours à l’Est et les Rhododendrons à l’Ouest. Les autres villages ne sont que du menu fretin qui n’ont jamais su rivaliser avec la puissance d’un trio de tête implacable. Nous concentrons toute notre virtuosité sur eux. En retour, ils concentrent toute leur sournoiserie sur nous. C’est de bonne guerre.

Au jeu de la fourberie, nous avons beaucoup perdu. De mémoire d’adolescent, je ne me souviens pas  d’un seul hiver aux pieds d’un âtre ronronnant. Je sais que mon village était au sommet de la chaîne alimentaire lorsque je tétais encore le lait de ma mère, mais cela fait plus d’une décennie que nous courrons après une gloire qui prend un malin plaisir à nous échapper.

*

Je n’ai pas été déployé au front durant les premières semaines d’Avril. Les interactions avec nos voisins ont été timides, presque convenues. Nos fermiers se sont tués à la tâche tandis que nos remparts ont sécurisé notre flanc ouest. Ils n’ont pas subi de menaces plus grande que les allers et venues des marchands Rhododendrons.

J’en ai profité pour faire de l’espionnage industriel. J’ai appris qu’une attaque de pillards avait été repoussée par les Topinambours. Leurs remparts ont fichu une raclée à leurs assaillants qui, comme la tradition l’exige, leur ont donné un sac de navets en échange de leur rémission. Malgré cela, les Rhododendrons ne sont pas à plaindre. On dit qu’ils ont engagé une condimentière. Ils ambitionnent de stocker des navets dans du vinaigre, puis de les mettre en bocal afin de leur conserver plus longtemps. Ils n’ont pas tort. Au-delà des pillages, la nature elle-même n’épargne pas nos récoltes. Les sauterelles, les rats, les intempéries et la moisissure sont autant d’ennemis mortels qui peuvent détruire un stock dans son entièreté. Aucun vendeur de reliques royales n’est assez fou pour échanger le précieux sésame contre une cargaison de légumes à moitié pourrie.

*

Je suis à la fois frustré et heureux. Difficile de ne pas laisser mes sentiments négatifs l’emporter. Car malheureusement, je ne suis toujours pas parti en croisade. Je trépigne d’impatience et d’ennui, mais je suis un bleu, alors je n’ai pas mon mot à dire.

D’un autre côté, voir revenir notre caravane de marchands avec un sceptre Radis-cal m’a empli d’une indéniable fierté. Elle est d’autant plus forte que je sais que nous sommes les premiers à nous emparer d’une relique. Si tôt dans la saison, c’est un exploit retentissant. Il est clairement à mettre sur le compte de nos fermiers. Ils travaillent d’arrache-pied et ne ménagent pas leurs efforts. Pour la plupart, ce sont des adultes courbés et fourbus par des décennies de labeur intense, mais ils ne se plaignent jamais. On dirait même que la perspective de passer un hiver confortable les galvanise. Ils sont formidables d’abnégation.

Entre les Topinambours et les Rhododendrons, la tension est montée d’un cran. Les pillards sont à couteaux tirés. Une échauffourée dantesque s’est produite et a fait du dégât. Les Topinambours se sont fait volés les deux tiers de leurs réserves. Les Rhododendrons ont essuyé des pertes, et même si elles ont été amoindries par le travail de leur condimentière, elles ont porté un rude coup à leur moral.

La seule manière de se prémunir des pillages est de stocker en banque. Les banques sont des forteresses quasiment imprenables, quartiers généraux des cohortes de remparts qui ne sont pas affectés à des positions stratégiques. Même une bande de pillards armée jusqu’aux dents ne peut y pénétrer. Malheureusement, la place y est limitée. Il est rare de pouvoir y conserver l’intégralité de ses réserves. La taille des banques a été standardisée par un décret royal voilà des lunes. La quantité de paperasses administratives et d’autorisations que requiert le moindre dépôt est astronomique. On pourrait presque croire que le Roi nous donne du fil à retordre afin de nous empêcher de thésauriser et d’encourager les pillages. Non… il ne peut pas être aussi retors. Il y a forcément une autre explication.

*

Mai est à nos portes, et toujours pas la moindre expédition en extérieur. On me cantonne aux tâches ingrates au sein du village. Mes journées sont lentes et ennuyeuses. Je commence à regretter de m’être engagé dans l’infanterie.

Il faut dire que nos voisins n’ont pas été très entreprenants. Ils se contentent de labourer, planter, récolter. Ils s’activent plus dans les champs de navets que sur le champ de bataille. Ils ont sans doute été échaudés par les pillages des semaines passées.

On raconte que les Topinambours ont façonné des goulots d’étranglement sur les routes qui mènent à leur fief. Ils y auraient placé des péages gardés par des lancières à la carrure de lutteuses. Peut-être ont-ils eu vent de notre recrutement d’une berserker pyromancienne.

Ils ont raison d’avoir la frousse. Cette femme est terrifiante. Une lueur vicieuse brille constamment dans ses pupilles. Son attirance pour le feu est franchement dérangeante. Même en sachant qu’elle est de mon côté, elle me glace d’effroi. Elle manipule des torches à proximité des hangars où nous conservons nos récoltes. Chaque jour, je me dis qu’elle va provoquer un incendie et réduire tous nos sacrifices à néant. Dans la caserne, rares sont ceux qui osent lui adresser la parole. Mais bon, il faut qu’on s’en accommode, il semblerait que ce soit une pilleuse émérite. Si sa venue est annonciatrice de ma première bataille, je crois même que je devrais lui être reconnaissant.

*

Je ne sais pas si c’est la douceur du mois de Mai qui nous a donné envie de quitter la sécurité de nos remparts, mais tous les villages se sont donnés le mot et ont lâché les chiens. J’ai vécu ma première sortie. Je n’avais jamais ressenti une telle excitation.

Malheureusement, on ne peut pas dire que je garderai un souvenir impérissable de mon baptême du feu. Nous nous sommes échoués lamentablement sur les remparts Topinambours. Nous sommes rentrés au village dépités, après avoir payé le lourd tribut qui a entériné notre défaite. Je ne me suis même pas réjoui en apprenant que les troupes de nos ennemis s’étaient télescopées sur le front nord. J’ai carrément déprimé quand on m’a confié que les Rhododendrons avaient profité du tumulte pour faire bouger leurs pions sur l’échiquier et acquérir un Sceptre Radis-cal.

Peut-être vaut-il mieux que je reste au village pour balayer les crottes de poules et donner à manger aux cochons ? Je sais qu’on ne peut pas gagner à tous les coups mais, franchement, je ne pensais pas que je gérerais aussi mal la frustration. Avec leurs discours ampoulés, les adultes ont réussi à me conditionner. Cet hiver, je veux le passer à tout prix entre les murs du palais Royal même si, pour l’instant, c’est mal barré.

*

Je suis à deux doigts de la disgrâce. Une semaine à peine après ma débâcle, la Berserker s’est illustrée en dévalisant les réserves des Rhododendrons. Elle a terrorisé leur condimentière et est revenue avec deux sacs remplis de navets fermes et savoureux. Je dépéris. On me traite de plus en plus comme un subalterne. On traîne mon honneur dans la boue. On m’a assigné à la surveillance d’un rattier, un gamin des rues qui chasse les rongeurs et les échange contre des navets au marché des légumes. Je n’en peux plus de son visage couvert de crasse et des cadavres de rats qu’il tient par la queue. Il les promène comme s’il s’agissait d’animaux de compagnie. Il est répugnant.

Il faut que je me reprenne. Nous arrivons en été. C’est la pleine saison des récoltes, celle durant laquelle les pillards sont les plus en vue. Si seulement je pouvais être assigné à une expédition victorieuse, cela relancerait ma carrière autant que cela boosterait mon ego. Je ne voudrais pas tomber dans des quêtes individualistes illusoires, mais chaque jour, j’ai le sentiment amer que la berserker n’est pas une alliée mais une concurrente implacable. Pourtant, ne sommes-nous pas à la poursuite de la même destinée ?

*

Enfin. Nous y sommes. J’ai pillé. Et pas qu’un peu. Nos dirigeants ont tout misé sur l’attaque en ce mois de Juin chaud et sec. Nous avons fondu sur nos concurrents comme l’aigle sur une marmotte inattentive. Ils n’ont rien pu faire. Les Topinambours, ces idiots, avaient déployés leurd remparts au nord pour se protéger des Rhododendrons. Je ne sais pas d’où ils ont tenu leurs renseignements, mais ils se sont fourvoyés comme des débutants. En face d’eux, ils n’ont eux que d’humbles fermiers. Nous les avons totalement surpris. La récompense n’en a été que plus belle.

Nos entrepôts débordent. Le problème, c’est que nous avons mis toutes nos forces dans la bataille et que notre chaîne logistique a été négligée. Sur nos douze sacs de navets, seuls deux sont en banque. Si nos voisins préparent des représailles salées, il y a fort à parier que nous ne pourrons pas être sur tous les fronts. Nous nous exposons à des pertes catastrophiques.

Je ne sais pas quelle va être la stratégie de nos représentants. Si cela ne tenait qu’à moi, j’appuierais sur la plaie tant qu’elle n’a pas encore cicatrisé. Je relancerais un assaut dès que nos troupes seraient assez reposées. Si nos ennemis songent à la vengeance, cela signifie qu’ils vont négliger leurs défenses. C’est là que nous pouvons les surprendre.

M’enfin, je ne suis pas stratège. Je ne suis qu’un modeste pillard de seize ans qui vient tout juste de se réhabiliter aux yeux de sa hiérarchie. Il ne m’incombe pas de prendre cette décision. Un jour peut-être…

*

Le mois de Juillet a été caniculaire, mais paradoxalement respirable. Les affrontements se sont bornés à une expédition punitive Topinambour dans nos fermes que nous n’avons même pas pris la peine de défendre. Nos réservés dégorgent de légumes gros comme le poing. Nous avons presque de quoi troquer les deux reliques qui nous manquent pour remporter la course au Palais Royal. La tension dans le village est palpable. A présent que la victoire nous tend les bras, nous ne craignons qu’une chose : voir se volatiliser nos espoirs.

D’après nos informateurs, les Rhododendrons sont au bord de la faillite et de la famine. Un défaut dans leur réseau d’irrigation a conduit à l’assèchement de leurs terres arables et les pillages qu’ils ont subi durant tout le printemps ne leur ont laissé que peu d’opportunités de placer leurs navets en banque. Il se murmure qu’ils ourdissent une vengeance qui résonne comme un ultime cri de désespoir. Malgré leur apparente faiblesse, il ne faut pas les négliger. Et il ne faut pas oublier non plus les Topinambours.

*

Ça y est. Nos marchands ont réussi à négocier un trône chouette. Le mois d’août est à peine achevé et il ne nous manque déjà plus qu’une relique pour contenter les exigences de notre suzerain. Le village est en effervescence. Tous les habitants se perdent en conjectures pour savoir si nous réaliserons la prouesse inédite de rassembler les trois reliques avant l’entame de l’automne.

Nos dirigeants sont plus circonspects. Ils ne peuvent pas se permettre la même frivolité que le bas peuple, mais nous sentons qu’ils partagent l’enthousiasme populaire. Pour eux comme pour nous, c’est une page de l’histoire qui est en train de s’écrire.

La ferveur a été entachée par le fait que les Topinambours se sont accaparés leur première relique. Nous savons que leur épargne est conséquente. Ils nous talonnent dans la compétition. Leurs choix sont avisés, si bien qu’ils ont encore réussi à annuler un assaut Rhododendrons en positionnant leurs remparts dans les étendues septentrionales de leurs terres. Septembre sera déterminant. Espérons que la chute des feuilles ne coïncide pas avec celle de notre glorieuse épopée.

Si on m’en donne l’occasion, je mettrais toutes mes forces et toute ma rage au service de ma communauté.

*

J’ai toujours aimé l’automne. Mes parents m’ont toujours affirmé que c’était une saison porte-bonheur pour les roux et les rousses, que les feuillages qui se parent de teintes orangées nous rendent hommage et célèbrent notre particularité. J’avais toujours pris cela pour des boniments, mais je vais devoir admettre qu’ils ont eu raison.

Nos chefs ont adopté la même stratégie qu’en Juin. La Berserker a mené un assaut contre les Topinambours tandis que nous autres pillards déferlions sur les terres Rhododendrons.

La Berserker est tombée sur un os. Nous l’avons compris à l’aura brûlante qui l’entourait à son retour du front. Les Topinambours n’ont pas fait dans la dentelle : ils ont déployé leurs défenses à toutes leurs frontières. Nous avons dû leur verser le tribut des vaincus et nous retirer la queue entre les jambes. Heureusement, les Rhododendrons ont été moins précautionneux. N’ayant plus rien à perdre, ils se sont concentrés sur la production agricole. Nous les avons douchés froidement, volant la moitié de leur récolte du mois.

Je ne suis pas satisfait que la Berserker se soit faite battre à plate couture, mais je ne peux pas dire que j’en sois contrarié. Si cela peut la faire redescendre de son piédestal et traiter les autres soldats comme des égaux, cela nous sera bénéfique à tous. Nous sommes dans la dernière ligne droite. Nous allons devoir être irréprochables, méticuleux et dévoués entièrement au collectif si nous voulons décrocher la palme des vainqueurs. Elle miroite à l’horizon comme le mirage trompeur d’un désert brûlant.

*

L’été indien a boosté une dernière fois les récoltes. Le temps commence à se radoucir. Il pleut davantage, il vente, les arbres se dénudent et les jours se raccourcissent. Nous avons essuyé un nouvel assaut des Topinambours, mais peu importe. Nous avons largement de quoi financer la Couronne de Brassica et nous présenter au Roi en fanfare.

La stratégie de la vente de rats s’est avérée fructueuse. La vermine prolifère à une telle vitesse qu’elle est une manne inépuisable. Tous les villages du Royaume qui se savent condamnés à passer l’hiver à découvert nous passent des commandes pour remplir leurs garde-mangers de viande de rongeurs. Ce n’est pas la plus goûteuse, mais quand on n’a que cela à se mettre sous la dent, on fait avec et on pense à des jours meilleurs.

Octobre point. Les marchands ont pris La route. Ils doivent revenir sous quinze jours, peut-être un peu plus si la météo fait des siennes et qu’elle entrave leurs pérégrinations. La fébrilité au village est totale. Elle ne demande qu’à se transformer en une liesse extraordinaire. Encore un peu de patience. Nous y sommes presque.

*

Le dénouement aura été un peu plus chaotique que prévu. Nos marchands ne sont revenus qu’à la fin Novembre, sous les pluies diluviennes et glaciales d’une journée morne.

Nous avions commencé à nous morfondre et à douter de nos aptitudes. Il faut dire que le mois d’Octobre n’a pas été de tout repos. Nous avons repoussé une attaque des Topinambours, puis avons été pillé par les Rhododendrons, tout cela à quelques jours d’intervalles. Ensuite, nous avons appris que nos deux concurrents avaient achetés leur propre Trône Chouette, ce qui portait le nombre de reliques en leur possession à deux. Les nuits qui ont suivi la nouvelle ont été peuplées de cauchemars, et les journées d’incertitudes. Chaque matin, nous avons scruté l’horizon en espérant y voir apparaître les caravanes de nos marchands. L’angoisse nous a étreint durant plusieurs semaines, sourde mais incessante.

Tout cela est derrière nous à présent. J’ai presque du mal à y croire. Nous l’avons fait. Nous possédons les trois reliques. C’est notre clan qui dormira au château cet hiver.
Je crois que je n’ai jamais vécu de joie aussi intense. Même mon père est sorti de sa carapace d’austérité et s’est effondré dans mes bras, en larmes.

Demain, je prendrai place dans la procession qui se rendra au château. J’arborerai fièrement les armoiries de mon village et bomberai le torse en me pavanant. Nous n’avons pas volé notre victoire. Tâchons de la savourer comme il se doit.

Je me demande à quoi ça ressemble, un hiver au coin du feu. Je le saurais bientôt. Oui. Je le saurais bientôt.

Publié par The Lonesome Meeple

Féru de jeux de société et d'écriture, j'ai décidé de mixer ces deux passions en vous partageant des nouvelles ou de courts récits mettant en scène des parties de jeux de société.

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