[Histoire de Meeples #66] Dig Your Way Out

[Note de l’auteur : Même si la majorité des lecteurs s’en douteront, je précise que cette nouvelle use de langage cru et de vulgarité à des fins de divertissement. Il s’agit d’une œuvre de fiction. Les propos des personnages ne sont en aucun cas le reflet de la pensée de l’auteur.]


J’sais pas à quoi r’ssemble l’enfer, mais y s’pourrait qu’ça r’ssemble à ça. Quand on démarre sa carrière de criminel, on s’croit insaisissable. On s’dit qu’on est assez fort pour éviter la taule. C’est p’têt vrai au début, mais ça dure qu’un temps. Dans la rue, y a des choses qu’on maîtrise pas. Y a des intérêts hauts placés qui vous dépassent. Y a des trahisons qui vous prennent par surprise. J’en ai fait les frais.

J’m’appelle Luther. Ça fait six ans qu’j’suis au trou. J’étais l’boss d’un gang de trafiquants d’drogue. J’avais la mainmise sur un territoire de plusieurs districts. J’contrôlais toutes les transactions, d’celle du plus minable des dealers à celles qui s’concluaient dans les hangars abandonnés d’la banlieue et qu’impliquaient les cartels les plus puissants. J’étais respecté. Tout l’monde savait ce qu’y risquait en v’nant marcher sur mes plates-bandes.

Sauf qu’un jour, ça a pas loupé : j’me suis fait balancé. Oh, rassure-toi, la poucave s’est faite trouée la panse que’ques jours seulement après mon arrestation. Ça a soulagé mon orgueil, mais ça a rien changé à la sentence. J’ai pris vingt piges. Du ferme. Aucune réduction d’peine possible.

J’ai pu garder la main sur mon business un an, p’têt un peu moins. Qu’est-ce que vous voulez, la loyauté, ça s’gagne à coups d’tessons dans la gueule. J’pouvais plus faire valoir mes droits, alors les rats ont quitté le navire. J’ai été doublé. J’ai l’nom d’tous les traîtres. Z’auront d’mes nouvelles à ma sortie d’tôle, j’peux t’le garantir.

La prison, on croit qu’on s’y f’ra jamais, mais ça d’vient vite not’ seule réalité. Elle a ses codes, son langage. Faut apprendre à tout maîtriser si on veut pas s’prendre un coup d’surin dans l’bide ou un chibre dans l’cul. Ici, y a aucun enfant d’chœur. R’gardez l’dossier carcéral d’tous ses pensionnaires, z’y verrez minimum un homicide. L’vieux Joe détient l’record. Il a buté vingt-cinq personnes. Pour les trois-quarts, c’étaient des putes, mais y a quand même sa mère et sa femme dans l’lot. Une sacré raclure c’lui là. Y sait qu’y va crever entre les barreaux.

Si tu fais pas partie d’un gang, t’es plus ou moins un homme mort. Te fies pas aux conneries des progressistes, tout l’monde ici raisonne en termes de race et d’couleur de peau. Y a qu’les pédés qui s’mélangent. J’te fais pas un dessin.

Moi, j’fais partie du gang des Crew. J’ai pas trop eu l’choix. Si t’es un re-noi, t’es forcément un Crew. J’connaissais pas mal de gars avant même d’êt’ parqué entre ces putains d’murs en béton. Ça a facilité mon intégration. Ça m’a évité deux trois désagréments.

J’ai pas mis longtemps à m’acclimater. La prison est régie par les mêmes codes que ceux de l’extérieur. La seule différence, c’est qu’t’y croises tes ennemis tous les jours, alors ça peut vite partir en couilles. J’en ai vu des types imprudents se prendre des raclées dont y s’souviendront toute leur chienne de vie.

Depuis trois ans, on a un nouveau directeur : M. Simmons, un putain d’arriviste sans cœur qui gère la prison avec une poigne de fer. Y manipule tout l’monde ici, que ce soient les gardiens, à qui y promet l’paiement d’heures sup’ qu’il honore pas derrière, ou les prisonniers, à qui y fait régulièrement du chantage pour leur soutirer des infos ou pour leur faire balancer d’aut’ dét’nus. Y sait très bien l’sort qu’est réservé aux poucaves. Mais ça, y s’en branle. Entre t’faire défoncer la gueule et être interdit d’parloir pendant un an, la plupart des gars qui s’font piéger considèrent la première alternative comme une solution honorable.

Comme j’te disais, les gangs font la pluie et l’beau temps ici. Chez nous, y sont six à s’partager l’territoire. Not’ team, les Crew, règne sur la contrebande. Tout c’qui vient d’l’extérieur passe entre nos mains. On a les meilleurs dealers d’cigarettes et on bénéficie d’toute la logistique de nos complices de la rue. Qu’tu veuilles le dernier Playboy pour te pignoler, un portab’ pour app’ler tes contacts et maint’nir tes business à flots, ou même d’la poudre pour te défoncer, on peut tout avoir. Faut juste mett’ le prix.

L’Cartel est dominé par les latinos. Y s’y mélange les barons d’la drogue déchus et les p’tites frappes tombées pour deal, braquage ou violence en réunion. La moitié sont des tarés qui veulent crever tous ceux qui les r’gardent de travers. Ce sont ni les plus grands ni les plus costauds des dét’nus, mais ce sont les plus fous, ça c’est sûr. Y font rarement des deals avec mon gang, y préfèrent racketter ceux qui s’fournissent chez nous. Y sont d’mèches avec les gardiens : ils leur refilent d’la drogue et leur envoient des putes à domicile en échange des services des ripoux.

Les ripoux, c’est les pires des charognes. Ces mecs veulent bouffer l’gâteau tout entier, mais y sont pas prêts à en assumer les conséquences. Dans l’business, j’ai appris qu’y faut jamais leur faire confiance. Y vendraient leur mère pour se sauver les miches et pas finir en zonzon au milieu de tous ceux qu’y z’ont martyrisé. Méfie-toi d’eux comme d’la peste.

Mais j’m’égare. J’en étais à parler du Cartel si j’dis pas d’conn’ries. Les latinos, c’est comme les cafards, y s’dissimulent dans l’ombre, mais y peuvent frapper n’importe où et n’importe quand. En général, y t’jaugent avant d’y aller en frontal. Y s’attaquent jamais à une cible s’y sont pas sûrs d’avoir l’dessus. C’est p’têt pour ça qu’y m’ont jamais fait chier.

Souvent, y commencent par de l’intimidation. Si tu résistes, y t’pètent une ratiche ou deux. Ensuite, y t’cassent une côte. Et pis y menacent de s’en prend’ à ta famille. Généralement, ça suffit pour que même les plus durs coopèrent. Y a des mecs qu’ont essaye d’se venger… Ça a pas été leur idée la plus lumineuse, si tu veux mon avis. D’tout’ les manières, sont plus là pour en parler.

Parfois, les caïds du Cartel acceptent de parlementer. Faut avoir un truc à leur offrir, des cigarettes, ou queq’chose de plus juteux. Tu peux êt’ tranquille pendant un bon bout d’temps si t’es sous leur protection, mais s’allier avec eux, c’est comme signer un contrat avec le Diable. Tôt ou tard, faudra donner d’ta personne. Et quand y t’demande un service, t’as pas intérêt à r’fuser. Sauf si t’as envie d’crever bien sûr…

Les Bratva sont les gars d’Europe de l’Est. Individuellement, y sont coriaces. En groupe, faut encore moins leur chercher des noises. Y a quasi qu’des grands pontes d’la mafia dans ces gars-là, que des donneurs d’ordre qui sont tombés pour des malversations financières à grande échelle ou qu’ont été inculpés pour haute trahison contre les États-Unis. Y sont aussi rudes que l’climat d’ leurs pays natals. C’est pas des mecs qui s’la jouent ou qui sont dans l’esbrouffe. Nan, eux, y savent c’qu’y valent. Y z’ont des connaissances qui peuvent aller buter tes enfants et violer ta femme… quand c’est pas l’inverse.

Les ruskovs, c’est des putains d’espions. Z’ont des tuyaux sur tout ce qui s’trame dans la prison. Parfois, y z’arrivent à anticiper les descentes des matons. Y sont même au courant des nouvelles restrictions qui vont êt’ imposées par l’directeur avant qu’elles soient officielles. À côté d’ça, c’est pas des bagarreurs. Y z’arrivent même à s’mélanger aux aut’ gangs sans qu’ça pose problème. Par contre, faut pas s’leurrer. C’est pas parce qu’y z’ont la discussion facile qu’y vont t’ considérer comme un ami. Et va pas t’amuser à essayer d’les agresser. Quand y s’défendent, y sont comme des ours enragés.

Les Bikers sont plus ou moins les aut’ blancs. Si t’es un babtou et qu’tu parles pas l’russe, tu vas forcément devoir t’allier à ces gars-là. Chaque année, y a toujours quelques tocards qui veulent se la jouer solo et qui s’ font victimiser par toute la prison. J’sais pas pourquoi les blancs sont comme ça. Toujours à s’croire supérieurs et intouchables.

Tous les gars du gang des bikers portent fièrement leur barbe, ou alors y z’essaient d’se la faire pousser. Pourtant, leur chef est un nabot avec un bouc taillé d’prêt et un goitre dégueulasse. C’bâtard ressemble à un putain d’crapaud, mais il a beau êt’ chétif et plein d’graisse, c’est un gars important dans la prison. Il est là d’puis plus d’vingt piges. Il est tombé pour trafic de voitures volées. Il était à la tête du réseau qui arrosait tout l’hémisphère Nord. Y sait comment s’mettre dans la poche les directeurs. On dit qu’il a caché un sacré pactole avant d’plonger. Ça lui permet d’verser des pots d’vin quand ça l’arrange. Du coup, ses gars sont un peu plus libres d’leurs mouvements qu’les aut’ détenus. Y z’ont des séances de douche privatives, parfois même des prom’nades rallongées. Quand l’existence de ces passe-droits a fuité, y a des têtes brûlées qui ont osé crier au scandale. On en a r’trouvé un le crâne coincée dans un chiotte, un aut’ a eu un mystérieux accident de musculation – une barre de traction lui est tombée en plein sur la cage thoracique -, un troisième a bouffé un truc pas frais et s’est r’trouvé à l’infirmerie pendant trois semaines à vomir ses boyaux et à s’dessécher comme un pruneau. Le message est passé rapidement qu’y valait mieux pas s’ingérer dans les manigances des Bikers. D’t’façon, quand on est en prison, on est bien placés pour savoir que la vie est une salope injuste. Si tu t’en offusques encore, c’est qu’t’es un sacré con ou un sacré naïf. P’têt même les deux…

Les Triads intègrent la plupart des asiats, bien que le clan soit majoritairement Chinois. Si tu crois qu’les Latinos ont l’sens de la famille, c’est qu’t’as jamais côtoyé ces bouffeurs de riz. Y sont soudés et revanchards. Tu sais que si tu t’en prends à l’un d’eux, t’auras rapidement à rendre des comptes à l’intégralité des mecs de sa bande. Individuellement, on peut pas dire qu’ce soient des masses. Y a bien deux trois gars qui poussent, et certains pratiquent les arts martiaux, mais dans les bagarres de prisonniers, la technique, c’est pas c’qui compte. C’qui compte, c’est d’avoir toujours son surin à portée d’main et d’êt’ assez vicieux pour vouloir s’en servir.

L’problème avec les Triads, c’est qu’c’est des manuels. Avec un bout d’ficelle et un vieux rasoir, y sont capables de créer une arme contondante et d’te taillader la jugulaire avec. J’ai d’jà vu des mecs s’faire saigner comme des poulets par une bande d’asiats contrariés. Parfois, on a l’impression qu’c’est des sortes de sorciers. Y z’ont beau utiliser très peu la contrebande, y sont jamais à court de matos. On sait qu’y z’ont leurs prop’ réseaux d’approvisionnement, mais on a jamais pu identifier d’où leur came prov’nait. Mais on les laisse tranquille. Y sont sacrément communautaristes, encore plus que tous les aut’ gangs. Si t’es pas un jaune, tu peux t’brosser pour dealer avec eux. J’ai jamais compris ça. C’est pas comme si y z’aimaient pas l’fric.

Enfin, t’as les Queers. Comment dire… Les Queers, c’est un peu l’anomalie dans la matrice. Le genre de mecs que tu t’attendrais pas à voir évoluer ni à survivre dans un environnement aussi primitif. Pourtant, y sont là, à rouler du cul dans les couloirs et à draguer ouvertement des gars qui sont tous homophobes. Y z’ont ni froid au derrière ni froid aux yeux. Le truc avec les tafioles, c’est qu’personne a envie d’se ridiculiser en perdant un combat singulier face à l’une d’elles. Du coup, les trois quarts des gars supportent la provoc’ et laissent pisser. Tant qu’ça en reste aux mots et qu’y a pas d’main au paquet, ça part pas en vrille. C’est même dev’nu une sorte de folklore.

Les Queers sont tolérés, mais peu d’mecs les supportent réellement. Y traînent toujours dans les mêmes coins. Y fouillent les poubelles, y s’cachent pour s’enculer dans des coins sombres. J’crois bien qu’c’est les seuls à s’épanouir sexuellement dans ce trou à rats. La pignole, ca va bien cinq minutes. Entre la promiscuité avec tes co-dét’nus et la lassitude qui s’installe, même ça, t’en perds le goût. Alors y a des hétéros qui basculent et qui vont s’faire purger d’temps en temps. Souvent, c’est ceux qui font l’plus d’effort pour faire croire qu’y sont encore des bonhommes. L’plus dur à accepter, c’est d’se dire que, finalement, on a beau faire tout c’qu’on peut pour éviter d’tomber là-d’dans, on reste des putains d’animaux avec des besoins à assouvir. Quand t’as pas d’nana sous la main et qu’un mec au torse velu te propose dix fois par jour de t’vider les couilles gratos, faut d’la volonté pour pas s’laisser tenter. Si tu fermes les yeux et qu’tu t’imagines que c’est ta meuf… Brrrr… putain, qu’est-ce que tu m’fais pas dire…

Suis-moi p’tit gars, on a un peu d’temps pour visiter la maison avant l’couvre feu. Comme t’es nouveau, j’ai l’droit d’te faire le tour du propriétaire.

Où on est, c’est les cellules. J’te fais pas l’topo, tu vas y passer dix-huit heures par jour, t’auras l’temps d’en inspecter les moind’ détails rapid’ment.

Là-bas, au fond du couloir, t’as les douches. Un conseil, t’éternises jamais. L’temps qu’tu t’rendes compte que t’es l’seul mec de ton gang avec la bite à l’air, tu s’ras bon pour une séance de spéléo du fion. Et si t’aimes pas ma métaphore, t’aimeras encore moins la sensation, j’te l’garantis. À côté d’ça, va pas croire qu’c’est un endroit qu’est dénué d’intérêt. T’as toujours des gonzes qui viennent y cacher des trucs. Si t’es malin, t’arriveras à les leur subtiliser sans qu’y s’en rendent compte. Les cachettes restent pas des cachettes bien longtemps. Si t’es discret, personne saura qu’t’es un voleur. Entre les matons et les mecs de l’entretien, ça pourrait avoir été confisqué par n’importe qui, et personne n’a intérêt à faire savoir qu’y fait des réserves, donc personne viendra s’plaindre ouvertement.

La grande pièce derrière les baies vitrées, c’est l’réfectoire. Tu peux piquer des trucs ici aussi. D’la bouffe, mais aussi des couverts ou d’l’outillage. Y a des mecs qui vont s’assoir toujours au même endroit et qui passent des s’maines à dévisser l’même clou pour s’en faire un surin miniature et planter un gars discrétos. Y tuent personne, mais y peuvent t’lacérer la gueule ou t’crever un œil. Crois-moi, êt’ marqué à vie pa’ce que tu t’es fait mettre à l’amende, c’est pire que d’se faire  buter.

J’te parle pas d’la nourriture. Tu t’f’ras ton propre avis. Si t’as envie d’gerber au début, c’est normal. Tu t’y f’ras. Même la merde ça d’vient banal quand t’as qu’ça à grailler.

En face du self, c’est l’infirmerie. J’espère qu’tu t’y r’trouveras pas pour les mauvaises raisons. On a droit à un examen médical de contrôle chaque année. Si t’as d’la veine, tu s’ras ausculté par une nana. T’inquiète pas si t’as la gaule, elles ont l’habitude. On est des putains d’animaux en rut. Par contre, j’te conseille de soigner tes dents pa’ce que l’dentiste est un sacré boucher. J’suis pas une fiotte, mais quand il a soigné ma carie y a six mois, j’en ai chialé. Et crois pas qu’y s’ra intimidé par les menaces. C’est un psychopathe. Il a pas d’famille et y claque toute sa thune en jeux d’argent. On a aucune emprise sur lui. Y a rien qui l’excite plus que d’se faire insulter tout en sachant qu’y gagnera à la fin. Bref, j’suis pas ta mère, mais brosse-toi quand même les chicots si tu veux t’éviter ce p’tit calvaire.

Au fond, t’as la cour. Si tu crois qu’tu vas pouvoir t’y r’sourcer, tu peux sortir ça d’ta tête immédiatement. Y a qu’du béton là bas. Le même que dans nos cellules, en plus crade. Not’ jour de muscu, c’est l’mardi. T’avises pas d’toucher à une haltère un aut’ jour, ou tu vas t’la manger en pleine tronche. Le jeudi, les gardiens nous filent une balle et tu peux jouer au basket si ça t’dit. Ça fait longtemps qu’j’ai pas fait un shoot. J’aimais bien ça au début. Faudra juste que t’apprennes à identifier les mecs qui vaut mieux pas contrer. Y a deux trois sanguins et quelques mauvais joueurs. Va pas risquer ta vie pour de l’ego. T’façon, y a aucune compétition à remporter ici. C’est juste de la survie.

Si tu veux faire du biz, c’est aussi ici qu’ça s’passe. Tu comprendras rapidement qu’les cigarettes valent plus que les billets d’banque. Si t’as des contacts à l’extérieur qui peuvent te r’fourguer des clopes, j’te conseille d’les chouchouter. On va en parler t’à l’heure, mais c’est encore plus important, maint’nant qu’ça a commencé.

Fais pas cette tête, j’peux pas t’en dire plus ici, y a trop d’vautours qui pourraient nous entendre. Suis-moi. On va finir par le pire.

La porte blindée qu’tu vois là-bas, c’est la cellule d’isolement. T’y croupiras si tu fais des vagues. Parfois, tu te s’ras tenu à carreaux mais t’iras quand même y faire un tour. Si ça arrive, cherche pas d’explications. Dis toi juste que c’est comme ça. Y aura un mec qui t’aura accusé à tort pour se dédouaner, un gars qu’t’auras r’gardé d’travers qu’aura soudoyé l’directeur pour te pourrir la vie. Des fois, tu s’ras juste le bouc émissaire des matons. Même si ça t’affecte, faut pas qu’tu leur montres. S’ils voient qu’t’es une victime, y vont s’acharner, juste pour le plaisir de t’voir sombrer dans la folie. Y a des gonzes qu’ont fini leur peine en psychiatrie juste à cause de la torture psychologique qu’on leur a fait subir. Les gardiens font ça en toute impunité. Y savent qu’ça sortira jamais d’la prison. J’crois bien qu’ça en fait bander quelques-uns d’nous voir nous transformer en carpettes.

Allez, c’est l’heure d’se rentrer. Faut qu’on parle de choses sérieuses à présent. Si tu crois que tout c’que j’viens d’te dire, c’était important, tu vas êt’ surpris par la suite.

Tu sais qu’t’es un sacré p’tit veinard ? Déjà quand on m’a dit qu’ t’étais l’fils de Curtis Nils, j’y croyais pas. Y avait combien d’chances que l’môme d’mon meilleur pote soit enfermé dans ma cellule ? J’crois pas qu’ton père aurait aimé t’voir là, paix à son âme, mais qu’est-ce que tu veux… Les chats font pas des chiens. On peut pas dire qu’y t’ait montré l’bon exemple…

Tu débarques une semaine après qu’on ait découvert l’journal intime de Mihai Dimitrieski. J’suis sûr qu’ce nom te dit rien, mais crois moi, tu vas vite apprendre à l’connaître.

Mihai Dimitrieski, c’est un boug qu’a été incarcéré ici y a plus d’cinquante ans. C’était un ingénieur en génie civil qui dealait avec la mafia russe. Il a été enfermé pour corruption en bande organisée. Il a pris perpète. Il est mort en taule, sans faire trop d’vagues. C’était un solitaire. J’crois qu’on l’a jamais trop emmerdé parce qu’il était vachement haut placé dans la mafia. C’qu’on savait pas, c’est qu’toute sa vie, il avait eu des projets d’évasion. Il a tout compilé dans un carnet : les plans du bâtiment, les horaires des rondes des gardiens, comment se procurer le matos pour creuser, des schémas qui t’expliquent comment fabriquer une pelle artisanale et d’aut’ conn’ries du genre. L’aut’ jour, l’équipe affectée à la restauration des cellules du bloc D a trouvé son manuscrit derrière un mur de béton. Il l’avait scellé à l’intérieur, et personne sait comment. Un gars des Queers a tout balancé. Le sol de nos cellules est fait d’un matériau assez friable pour êt’ percé. Pour ça, y t’faut une p’tite cuillère, un tournevis, voire même une poêle à frire pétée en deux. Si t’es bien organisé, tu peux faire une percée en une nuit seulement. Ensuite, tu tombes là où y a les conduits d’aération et les tuyaux d’évacuation des eaux usées. Un p’tit plongeon dans la merde, un bon trois cent mètres a ramper dans la pisse, et y semblerait qu’tu sois libre. T’y crois toi ? Ça paraît trop beau pour êt’ vrai, t’es pas d’accord ?

Enfin, entre finir ma vie dans c’trou à rats et tenter l’évasion, y a pas photo. Puisque t’es mon nouveau compagnon d’cellule, t’as pas l’choix que d’faire le coup avec moi. On s’barrera au Panama ou au Venezuela ensuite. J’nous vois déjà là bas, à nous dorer la pilule et à siroter des cocktails.

L’problème, c’est qu’tous les gangs sont sur le coup. L’premier qui s’échappera clouera les autres au pilori, c’est certain. Les matons sont pas encore au courant d’nos manigances. J’sais pas par quel foutu miracle c’est possible, mais c’est comme ça. Sauf que dès qu’y constat’ront qu’y manque des mecs à l’appel, ça va êt’ Guantanamo ici. Tout l’monde va en prend’ pour son grade. On finira au trou ou en quartier de haute sécurité et quand on réintégrera le bloc, ils l’auront transformé en putain d’bunker allemand.

Va falloir êt’ plus intelligent qu’les autres. Dis-toi qu’à partir de maint’nant, même les aut’ Crew sont dev’nus tes ennemis. Y aura pas d’place au paradis pour tout l’monde. C’est pas les plus gros qui mangent les plus p’tits. C’est les plus rapides qui mangent les plus lents. Je sais plus qui est l’connard qui a inventé c’dicton, mais j’crois bien qu’il était dans l’vrai.

On doit s’faire un stock de bouts d’bois, de ficelles, de scotch, de trucs en métal genre outils d’bricolage. Si tu deales un tournevis ou une lame de rasoir, personne s’méfiera. Y a toujours des contentieux à régler entre voyous. Par contre, si on t’gaule avec une cuillère, un seau ou une cass’role, tu s’ras grillé : tout l’monde saura qu’t’es en train d’préparer une évasion. Après ça, bonne chance pour garder tes ressources. Tu vas t’faire victimiser comme un babtou à Compton.

Ce s’ra la même chose pour le craft. T’amuses pas à fabriquer tes outils en cellules ou dans les douches. Faut qu’tu trouves des endroits dissimulés. Le mieux, ce s’rait à l’infirmerie ou derrière les gradins de la cour. Souviens-toi que chaque autre détenu est une poucave potentielle. Fais croire à tout l’monde que tu te doutes de rien. Invente-toi une vie si tu veux. Y faut qu’les mecs découvrent qu’on était impliqués le jour où on se s’ra fait la malle, pigé ?

J’sais bien, p’tit. Ça fait p’têt beaucoup à encaisser pour un premier jour, mais faut qu’je sache si j’peux t’faire confiance. Alors, qu’est-ce t’en dis ? Tu t’sens d’aplomb ?

Ok, tu m’rassures. J’savais bien qu’t’étais d’la trempe de ton daron.

*

Alors, comment ça s’est passé aujourd’hui ? Putain, tu m’épates gamin, t’as d’jà fabriqué une pioche, et avec un tire bouchon en plus. Ah ah, t’as d’la r’source. J’l’ai su dès qu’j’t’ai vu. Assieds toi, j’ai pas mal de choses à t’raconter.

J’avais vu juste, tous les gars des gangs essaient d’croquer dans l’héritage de Dimitrieski. J’en suis toujours à m’demander comment ça s’fait qu’un gars qu’à autant d’neurones y soit jamais allé au bout d’son plan. Il avait tout pour pouvoir s’barrer. Tu crois qu’il a eu les pétoches ? Y savait p’têt pas où aller ? Ou alors y s’est dit qu’la prison c’était pas si mal pour lui. On a beau dire c’qu’on voudra, on s’y habitue. Y a même des gars qui en viennent à avoir la phobie de s’retrouver dehors.

J’ai pas chômé. Déjà, v’là une p’tite cuillère pour not’ butin. Fous-là derrière les canalisations du lavabo. Personne ira fouiller là d’ssous. Ensuite, j’ai observé tous nos collègues. J’en ai trouvé cinq qu’ont eu un comportement super louche aujourd’hui. D’abord, t’as ce barbu, Nick, un gros dégueulasse avec une panse à bières et une tignasse qui pue les égouts. J’l’ai vu tournicoter dans les douches, comme si y cherchait une cible, et j’me suis pas trompé. Il a tabassé John, un asiat baraque. Comme d’hab, les muscles, c’est d’l’esbrouffe. Ça protège ni des rasoirs, ni des lames de ciseaux. L’bridé s’est fait racketter une pelle qu’il était en train d’fabriquer prêt d’l’infirmerie. J’suis prêt à parier qu’y aura bientôt des r’présailles. Ça va êt’ marrant.

A côté d’ça, j’ai vu Carlos, un cubain court sur pattes, avec des yeux d’aigle et un corps bardé d’tatouages, qui piquait une cuillère au réfectoire. Il a cru qu’il était discret, et j’crois bien qu’c’est passé inaperçu pour tout l’monde sauf pour moi. Y avait un pli bizarre sous son haut. Ma main a couper qu’c’était une pioche ou une pelle artisanale. Les latinos, c’est des rapides. Faudra pas traîner si on veut pas s’faire doubler par ces enculés du Cartel.

J’ai aussi aperçu Vlad, un ukrainien avec des tatouages turquoises chelous et un crâne chauve, qui lorgnait sur une pédale du nom de Dany, un grand échalas avec une serviette sur la tête, celui qui montre tout l’temps ses abdos pour aguicher des gonzes pendant les promenades. Les fiottes, c’est pourtant pas son genre à Vlad. D’habitude, y préfèrent les écraser qu’s’en délecter. J’suis persuadé qu’ces deux-là aussi veulent s’évader. J’ai pas réussi à identifier si ces lascars avaient des complices, mais évite les autant qu’tu peux, on s’en port’ra pas plus mal.

*

Putain, t’as vu c’qu’il lui a mis dans la gueule ? J’savais pas qu’un Bratva était capab’ d’une telle agressivité… Faut dire qu’il était v’nu préparer. Deux surins contre une paire de ciseaux, il l’a pas pris à la régulière. Faut croire que c’qu’on dit à propos d’lui est vrai. Y s’rait en tôle depuis ses seize ans pa’ce qu’il aurait buté son père, un alcoolo violent qui l’aurait menacé avec un couteau pendant une crise d’hystérie. J’pensais qu’il avait des excuses, qui s’était juste défendu, mais il a la violence dans l’sang, ça s’est vu sur son visage. On aura dit qu’il allait jouir.

Ça va bientôt chauffer sévère si ça continue. Un Biker qui tabasse un mec des Triads. Et maint’nant un russe qui bousille un latino. Faut qu’j’aille briefer nos gars pour pas qu’le Crew s’en mêle. J’voudrais pas qu’ça entrave nos plans. Si ça part en émeute ou en règlements d’comptes de masse, l’dirlo va ram’ner sa fraise et tout foutre en l’air. Laisse les fauves se becqu’ter entre eux. Nous, on s’ra les charognards qui viennent se délecter de leurs cadavres.

Demain, t’as un seul objectif : fouille intensive de tout l’bâtiment. Essaie d’trouver du matos qu’on pourrait r’vendre : bijoux, fringues, liv’ de cul. Sois inventif. Y nous faut un max de cigarettes pour arriver à soudoyer les gars d’l’entretien ou les mecs qui font la navette pour apporter la bouffe de l’extérieur. J’sais pas pourquoi mais, j’ai l’impression qu’les évasions vont avoir lieu plus tôt que c’que tout l’monde avait prévu. J’veux pas m’faire coiffer au poteau.

*

Carlos est sorti d’l’infirmerie. J’ai entendu dire qu’il était bien véner. Dès qu’y pourront, les gars du Cartel vont tomber sur les Bratva. Ça va être une bouch’rie. Faut s’activer. T’en es où sur la fouille ?

Mouais… Une poêle, c’est pas mal. Faut qu’on arrive à s’en fabriquer une pelle à l’abri des r’gards indiscrets. Les gangs sont en train d’virer paranos. Tout l’monde suspecte tout l’monde. J’ai rar’ment r’ssenti une atmosphère aussi tendue. On dirait qu’on est à deux doigts d’l’émeute.

J’ai gratté des infos aux mecs des Crew qui gèrent la contrebande. Ce russe, Vlad, il a refourgué des bouquins d’cul et a amassé un p’tit pactole en cigarettes. J’lai aussi vu traîner du côté des cuisines avec l’homo. J’crois qu’y z’appliquent tous les deux la même stratégie : razzia sur les p’tites cuillères. Avec un peu d’chance, y vont s’télescoper.
J’ai pas d’nouvelles de l’asiat’ par contre, mais ça veut pas dire qu’y fout rien. Quand au mec des Bikers, ce gros plein d’soupe de Nick, y semblerait qu’il ait graissé la patte d’un maton pour fouiller Dany et lui voler du matos sans qu’on puisse lui mettre sur le dos. J’crois bien qu’il a mal choisi sa cible. Si y a bien un gonze que ça dérange pas d’êt’ palpé, c’est bien un memb’ des Queers.

*

On va avoir un peu d’répit. Putain, j’pensais pas qu’un ruskov pouvait s’faire victimiser à c’point par une pédale, surtout après c’qu’il a mis au latino. Sa réput’ va en prendre un sale coup.

T’étais au self quand ça s’est passé ? Tu sais pourquoi c’est parti en couilles ? Une histoire de cuillère… Putain, j’en étais sûr. J’ai bien fait d’alerter les matons.

T’es pas au courant ? Ouais, j’avoue, j’ai joué les snitchs, mais si tu fermes ta gueule, personne n’en saura jamais rien. Y z’ont foutu Dany à l’isolement. J’crois qu’il a eu l’temps d’cacher son matos, mais ça va nous faire gagner du temps. Je sais qu’t’as pu nous fabriquer une pelle. Bien joué le coup de la fausse intoxication alimentaire pour êt’ tranquille a l’infirmerie. Maint’nant, faut la planquer pour pas s’la faire chourave. J’compte sur toi p’tit. On est sur la bonne voie.

*

T’es un génie gamin. Plus qu’un bout d’ficelle à trouver et on est libres. J’sais pas comment tu t’es mis dans la poche ces idiots des cuisines, mais ça a l’air de payer alors continue.

Va falloir êt’ rapides et vigilants. J’ai entendu dire que Vlad était en train d’péter un boulard. Il a ach’té quat’ surins à des gars des Crew. Y disent qu’il a une lueur démente dans les yeux. Si c’gars là n’a pas des envies d’meurtre, qu’on m’coupe une couille. Un homicide, c’est la pire chose qui pourrait nous arriver, gamin. Si y a un mort, même le dirlo pourra pas s’débiner. On s’prendra une enquête administrative sur le dos et on pourra dire adieu à notre escapade. Y aura des condés a chaque coin d’bâtiment, probablement même des fédéraux.

Nick a r’mis ça avec Dany. J’ai entendu qu’il avait utilisé l’même gardien pour lui confisquer une cuillère et une chaîne en or. Malgré ça, y a des rumeurs qui disent qu’y doit pas êt’ loin d’avoir réuni assez d’matos pour s’faire la malle. On entend aussi des gars du Cartel qui murmurent qu’un d’leur gonze est en passe de réussir à s’évader. Ça doit êt’ c’damné Carlos. J’vois pas qui d’autre.

L’asiat est toujours aussi discret. C’est pas une bonne nouvelle. Si on arrive pas à savoir c’qu’y glande, on pourra pas anticiper son évasion. J’vais essayer d’me rencarder sur son compte. Y fait honneur aux Triads. Ces gars là sont des putains d’anguilles.

Souviens-toi gamin, l’objectif, c’est d’trouver une ficelle ou un rouleau de scotch avant qu’ça parte définitivement en vrille. J’me l’pardonnerai pas si on échoue. J’en peux pu d’ce putain d’béton. Mon esprit est d’jà dehors.

*

Tu connais la dernière ? John a voulu faire cavalier seul – bizarre pour un asiat. Y s’est fait botté l’fion par l’aut’ lourdaud d’Nick. Putain, il a beau avoir une bouée a la place du bide, c’est un sacré furieux. J’pensais qu’y s’était inventé une réputation, mais faut croire qu’il a réellement été un caïd à la tête d’une horde de motards avant d’être incarcéré. Bon, il a pas eu d’chance, pa’ce que Vlad s’en est aussi pris à lui. Il est dans la même chambre d’infirmerie que l’mec qui l’a agressé. Le temps qu’y s’remettent tous les deux d’leurs émotions et y vont sûrement se fout’ sur la gueule à nouveau. T’as fait quoi, toi, pendant c’temps ? Que… Comment ça t’as merdé ?

Putain de bordel de chiotte… Mais qu’est-ce que t’as dans l’crâne ? Fabriquer une pioche dans la cour au milieu des aut’ det’nus ! Faut vraiment être un demeuré ! Qui t’as vu ? Dis-le-moi ou j’t’étripe avec les dents.

Ca… Carlos… Bon Dieu… Fallait qu’ça tombe sur un gars du Cartel. Tu peux êt’ sûr qu’ces putains d’hispaniques à la con vont nous coller au cul quoi qu’on entreprenne à partir de maint’nant. Carlos, c’est pas l’genre de type à qui j’ai envie d’tenir tête. À moins d’un miracle, on est foutus…

*

Grouille-toi gamin. La caval’rie va pas tarder à débarquer.

Faut qu’on évite le secteur d’l’infirmerie, c’est un coupe-gorge là-bas.

Tu veux savoir c’qui s’passe ? Nick s’est réveillé, sauf que John a été plus rapide. Il lui a sauté d’ssus avec la fureur d’un dragon. Il l’a désossé. Y en a qui disent qu’il est mort. J’sais pas si c’est vrai. J’m’en branle carrément. Tout c’que j’sais, c’est qu’cette émeute est not’ porte de sortie.

T’as jamais vécu d’émeute en taule ? T’es chanceux, va. Crois-moi, si d’habitude, c’est déjà un endroit dangereux, c’est rien par rapport à ce qui va s’y passer dans les prochaines heures. Y a plus d’matons dans l’enceinte, donc y a plus d’garde-fous. Y a des mecs assez cons pour essayer d’forcer l’passage vers l’extérieur ou pour faire le plus de grabuge possible, mais y a aussi tout un tas d’psychopathes qui vont juste en profiter pour régler leurs comptes. J’espère qu’tu t’es pas fait d’ennemis au cours des derniers jours. Sinon, va falloir qu’tu protèges méchamment tes arrières. Enfin, j’te dis ça, on est bientôt dehors, pas vrai ?

Quoi ? Le sang sur mon visage ? Rien d’grave gamin. Je m’suis fait alpaguer par Carlos. J’lui ai donné c’qu’y voulait. J’m’en suis pas trop mal sorti. Fais pas cette tête, j’suis pas stupide. L’réfectoire était grand ouvert, j’en ai profité pour voler les dernières cuillères dont on avait besoin pour creuser not’ tunnel vers la liberté.

On va êt’ peinards un moment. Les Bikers et les Triads sont en guerre ouverte. J’ai entendu dire qu’les Queers avaient tendus une embuscade aux Bratva et avaient réussi à enfermer leurs leaders en cellules d’isolement. Les aut’ sont en train d’mener une contre-offensive. Les Crew ? J’crois qu’y sont en train d’piller les cellules vacantes. Tu les connais. Des putains d’businessmans. Y manqu’raient jamais une occasion d’brasser du pognon. Tout ce p’tit monde va s’agiter jusqu’à c’que les gros bras des forces spéciales viennent faire le ménage. Y a des têtes qui vont tomber. Pour les autres, ça s’ra cou-couche panier, sans douche ni prom’nade pendant au moins une semaine. Ça va puez si fort des ieps dans tout l’bloc qu’y a des gars qui vont d’venir fous rien qu’en respirant c’merdier.

Attrape ça tu veux. Je pioche, et toi tu creuses. J’ai pas dégoté d’portable. On improvis’ra une fois à l’extérieur. Ça doit pas êt’ si compliqué qu’ça d’quitter l’pays.

T’es prêt gamin ? C’est à not’ tour d’croquer. Not’ rêve américain, il est droit devant.

Publié par The Lonesome Meeple

Féru de jeux de société et d'écriture, j'ai décidé de mixer ces deux passions en vous partageant des nouvelles ou de courts récits mettant en scène des parties de jeux de société.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :